Habitat inclusif : faut-il vraiment que tout le monde soit d’accord ?
On parle souvent de vivre ensemble, de convivialité, de lien social, de dynamique collective.
Mais derrière ces notions positives se cache parfois une idée implicite :
Pour qu’un collectif fonctionne, il faudrait que les habitants s’entendent.
Et si c’était justement l’inverse ?
Un collectif vivant n’est pas un collectif dans lequel tout le monde pense la même chose.
Les habitants n’ont pas les mêmes habitudes, les mêmes envies, les mêmes rythmes, les mêmes caractères ou les mêmes attentes.
L’un veut organiser un repas commun chaque semaine.
L’autre préfère rester tranquille chez lui.
Certains souhaitent ouvrir largement l’habitat sur le quartier.
D’autres considèrent que les espaces communs doivent rester avant tout un lieu pour les habitants.
Certains veulent décider rapidement.
D’autres ont besoin de davantage de temps pour se positionner.
Le désaccord n’est donc pas forcément le signe que le collectif ne fonctionne pas.
Il peut au contraire être le signe que les habitants prennent réellement part à la vie de leur habitat.
La question n’est alors peut-être pas :
« Comment éviter les désaccords ? »
Mais plutôt :
« Comment permettre aux désaccords de devenir quelque chose de constructif ? »
Et c’est là que le rôle du professionnel devient particulièrement intéressant.
Son rôle n’est pas nécessairement de trouver la solution qui conviendra à tout le monde.
Il n’est pas non plus de décider qui a raison.
Il peut plutôt aider le groupe à mettre les points de vue sur la table, permettre à chacun de s’exprimer, faire émerger ce qui se joue derrière les positions et accompagner la recherche d’un compromis lorsque celui-ci est possible.
Car vouloir préserver la tranquillité du collectif à tout prix peut parfois conduire à étouffer les désaccords.
Et un collectif dans lequel personne ne s’oppose jamais est-il réellement un collectif dans lequel chacun se sent libre de participer ?
Faire vivre un habitat inclusif, ce n’est donc pas supprimer les différences.
C’est permettre qu’elles puissent coexister.
C’est accepter que le collectif soit parfois inconfortable, qu’il y ait des discussions, des négociations, des ajustements.
Parce que le « vivre ensemble » ne signifie pas être toujours d’accord.
Il signifie peut-être surtout apprendre à faire ensemble malgré nos désaccords.
Et vous, dans vos habitats, comment accompagnez vous les désaccords entre habitants ?
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À très vite,
L'équipe Form'Alliance